On monte tous à Charavex!

Bourgeoisie de Martigny

On monte tous à Charavex!

L’alpage de Charavex, par le passé lieu d’exploitation forestière et pastorale, appartient à la Bourgeoisie de Martigny depuis les années soixante. Chaque année, à la mi-été, il accueille les bourgeois de Martigny pour leur traditionnelle rencontre autour d’une soupe aux pois.

Peuplé dès le XIVe siècle

La première mention écrite de Charavex date de 1324, mais il est certain que le mayen était alors habité depuis longtemps. Situé à 1445 m d’altitude, au-dessus de Martigny mais orienté côté Salvan, le mayen bénéficie d’un climat doux et de pas moins de cinq sources permettant d’irriguer les cultures et d’abreuver le bétail. Un détail important quand on sait que les autres alpages de la région ont régulièrement souffert du manque d’eau. Champs, cultures et bétail couvrent alors le mayen de Charavex.

La chapelle Notre-Dame-des-Neiges

En 1767, une chapelle de dimension modeste a été construite sur le mayen par la famille Ganioz, alors propriétaire de Charavex. L’intérieur de la chapelle est sobre et conserve un charme certain. Entièrement rénovée de 1994 à 1996, elle a retrouvé ses parois blanchies à la chaux, ses élégantes voûtes aux motifs végétaux et son tableau ornant le chœur et représentant un berger implorant la Vierge. Les murs en pierre sont couverts de crépi et le toit de dalles. Entourée de mélèzes séculaires, la chapelle Notre-Dame-des-Neiges contribue au charme tout de quiétude de l’alpage de Charavex.

Exploitation forestière et pastorale

Au fil des ans, le mayen de Charavex passe d’une famille octodurienne à l’autre. Au XXe siècle, son exploitation change plusieurs fois d’orientation. La localisation du mayen rend l’exploitation du bois difficile: descendre les billons en plaine n’est pas chose aisée. On construit donc un téléphérique et une voie Decauville. Ils seront abandonnés vers 1970, mais leurs vestiges sont encore visibles. Finalement la Bourgeoisie de Martigny acquiert l’alpage début des années 1960 et prévoit de le transformer en forêts. L’exploitation forestière était alors rentable et ce sont très exactement 105 735 arbres qui seront plantés jusqu’en 1967.

Renaissance de Charavex

Les temps changent: comme l’exploitation forestière se révèle déficitaire, il est décidé de réhabiliter l’alpage. Des coupes de bois sont effectuées à partir de 1994 et une convention est passée avec deux organisations de protection du patrimoine. Si cette convention rend possible la réhabilitation du mayen, elle impose toutefois des conditions strictes pour maintenir la diversité écologique et agricole du site, et notamment l’interdiction de toute nouvelle construction, que ce soit des bâtisses, des routes ou des conduites électriques. Finalement, ces mesures ont profité au lieu, ainsi qu’aux bourgeois et promeneurs qui s’y rendent: Charavex est aujourd’hui un pâturage boisé comptant deux chalets et une chapelle situé au cœur de la réserve forestière de l’Arpille-Vallée du Trient. À une demi-heure de marche de «Chez-les-Pillet», à Ravoire, le site bénéficie d’un cadre splendide et d’une tranquillité parfaite.

L’historien Roland Farquet vient de publier une plaquette retraçant l’histoire de l’alpage de Charavex dans le cadre de la collection «Les bulletins de Patrimoines de Martigny.»

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