Vin du Glacier

Bourgeoisie de Chandolin

Vin du Glacier

Le Vin du Glacier du Val d’Anniviers est lié aux transhumances des Anniviards: possédant des vignes aux alentours de Sierre, ils séjournaient plusieurs semaines en plaine où ils cultivaient leurs vignobles. Après la vinification en plaine, les montagnards rentraient dans leur village en transportant le nouveau vin à dos de mulet pour l’élever dans les fûts de mélèze des caves fraîches du Val d’Anniviers, à une altitude d’au moins 1200 m.

Le vin qui traverse le temps

La particularité de ce vin est aussi liée à son élevage: le mélèze des fûts et l’oxydation confèrent à ce vin ses arômes caractéristiques. Et comme la quantité du vin contenue dans les tonneaux diminue par évaporation ou par consommation, on tire du vin d’un autre tonneau pour compléter le premier tonneau selon le principe de l’ancienneté. Ainsi, la Bourgeoisie de Grimentz possède quatre tonneaux datant de 1886, 1888, 1934 et 1969. Au printemps, on complète le plus ancien tonneau en puisant du vin dans celui qui le précède, et ainsi de suite pour les autres tonneaux. Finalement, le vin nouveau est versé dans le tonneau le plus jeune.

Rèze et autres cépages

Si le Vin du Glacier ainsi obtenu est un mélange de plusieurs millésimes, il est par la force des choses aussi devenu un mélange de plusieurs cépages. Originellement vinifié à partir de la rèze, un cépage largement répandu en Valais, il a fallu trouver de nouvelles solutions lorsque la rèze a failli disparaître. D’autres cépages traditionnels comme l’hermitage, la malvoisie, la petite arvine ou l’humagne blanc entrent aujourd’hui dans la composition du Vin du Glacier.

Dégustation rarissime

Réservé aux grandes occasions, on ne se servait que rarement dans le tonneau de Vin du Glacier. Et plus le tonneau était ancien, plus l’occasion devait être exceptionnelle. Et comme on ne le déguste que fraîchement tiré, c’est dans le Val d’Anniviers qu’il se boit, et guère ailleurs. Comme toute bourgeoisie anniviarde, la Bourgeoisie de Chandolin possède bien sûr son tonneau de Vin du Glacier. Quant à déguster ce nectar, ça c’est une autre histoire…